Raser gratis ? Cette expression viendrait d'un barbier qui avait placé jadis une pancarte proclamant ladite formule…Mais notre artisan, tout aussi fûté que près de ses sous, l'y laissait tous les jours. Par conséquent, le naïf qui, le lendemain du jour où il avait vu la pancarte pub, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s'étonnait de devoir quand même payer, s'entendait répondre : "Oui, mais il y a écrit que c'est demain que c'est gratuit !". Aujourd’hui encore, notamment en politique, les promesses des personnalités en vue n'engagent que ceux qui les écoutent sans faire appel à leur libre-examen…Ce n’est pas le cas ici. Où on s'efforce plutôt de manier le mot à couper la langue de bois .

dimanche 25 septembre 2011

Les "Francs Tireurs" (25/09): l'effondrement de la construction de Jean Gol; la peinture bien trop blanche de DSK, dépendant sexuel...


Pink Ribbon dans sa philosophie pure, appliquée dans tous les pays, même en Chine. Cette vraie nudité n'est ni sexuelle, ni provocatrice. Il s'agit de susciter chez les femmes le désir de "conserver un corps complet et de leur faire prendre conscience qu'il peut se détériorer".
http://www.marieclaire.fr/,cancer-du-sein-10-stars-enlevent-le-haut-pour-le-depistage-du-cancer-du-sein,20213,34405.asp 

mardi 20 septembre 2011

Un militant FDF rameute à coups de mots indignes et injurieux pour un fumeux remake de la manif’ de la Bourse de 1970…


“Compromission de l'entièreté de notre presse subsidiée; triste mollesse des capitulards francophones; génocide culturel; apparatchiks du bureau central socialiste prêts à trahir et à vendre nos libertés contre du fric pour continuer leur stalinisation à outrance de la Wallonie; malversations multiples; gestion parasitaire; dirigeants nantis du front impopulaire; Van Rompuy von Bildenberg, dit la serpillière humide; fils de pute de socialistes; Flandre de plus en plus nazie; mandats juteux, grosse bouffe, parachutages futurs dans des fonctions grassement payée,, pouvoir occulte, pensions confortables sur le dos de la Nation; bonne soupe ou l'honneur; écraser la droite de la droite comme des punaises...."

D’ou pensez-vous que  viennent ces fortes formules délicates ? D’un tract du Front National ?  D'un folder du Parti Populaire ? Vous n’y êtes pas. 
C’est d’un militant FDF, M. Steve Coeymans, qui dit agir sur son site exalté ( http://sosbruxelles.be) “au nom du Front des Francophones “. (ce défenseur du Deux-Roues Motorisé ignore d’ailleurs visiblement que son parti, qui l’avait affiché sur ses listes (1217 voix), s’est relooké en “Fédéralistes Démocrates Francophones”)
Le projet de ce militant FDF d’Auderghem, qui s’appuie aussi sur un groupe Facebook, également animé par une élue FDF du CPAS d'Etterbeek ? Organiser dès ce dimanche 27 septembre, à 17h,  sous le slogan “Touche pas à Bruxelles”,  une manifestation
capable “ d’égaler ou de dépasser les dizaines de milliers de participants au fameux rendez-vous de 1970 devant la Bourse, lors de la première réforme de l’Etat “. Rien que ça.
Toutes les petites formations ont évidemment leurs militants rêveurs et irresponsables. Mais, généralement, ne mobilisent pas, avec le minimum d'organisation que cela postule, les marches d'un lieu symbolique un jour symbolique. ( jour de la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles)
Ce qui étonne c’est que le parti de la chaussée de Charleroi laisse ainsi depuis plusieurs jours un de ses militants dévoyer sans limite, jusqu’au poujadisme (on est aimable) le plus grossier, l’image et la communication de sa formation…Après Linkebeek, c'est une toute autre image que le parti d'Olivier Maingain doit imposer.

dimanche 18 septembre 2011

DSK: une communication sans âme, sans émotion, sans vérité à force d’avoir été calculée au millimètre…

Ni décoration, ni détails.

On ne se rend pas assez compte, en Belgique francophone, des énormes moyens de marketing politique mis en oeuvre par les grands fauves de la politique française: sondages qualitatifs par flopées pour tout doute, médiatrainings obsessionnel des gestes, tests du choix du moindre mot.
Donc, il ne faut avoir aucune illusion: ressources financières illimitées aidant, la “sincérité” de Dominique Strauss-Kahn dans son opération de “reconstruction médiatique” aura été calculée, gérée au millimètre par son armada de communicants.
Ce ne fut donc pas une réelle interview. Juste une opération de communication au but très évident: améliorer son image, voire la restaurer en essayant de faire oublier ce qu’il a soigneusement veillé à qualifier de “faute morale”.
Le hic, c’est qu’à force de tout contrôler,  de tout avoir répété des heures durant, on a eu droit à un numéro d’acteur mélodramatique surfait, souvent surjoué, sans âme, sans émotion et -surtout- sans plus de vérité. Sans connaître finalement sa version sur les événements la chambre 2806 du Sofitel.(pas d’“acte délictueux”) On n’a rien appris, on n’a nada compris de plus sur les faits eux-mêmes. Les zones d’ombre n’ont pas vu la moindre phrase ampoule, juste de l’ampoulé.
Cela sonnait par trop l’offensive médiapolitique de haut niveau. Cela sentait le fabriqué, cela respirait la pièce tant répétée et tant récitée, avec les blancs de respiration, les expressions de visage par trop allongées, les mots censés faire authentique (la “légèreté” remplace l’agression sexuelle). De la confesse-photoshop.
Pas besoin de prompteur: cela sonnait le scénario, non pas du coeur, mais de l’appris par coeur.
Avec un lancement volontairement inexpressif, aux allures de chien battu: le temps d’exprimer des regrets, d’avouer une “relation inapropriée”, de se réfugier derrière le paravent biaisé du rapport du Procureur US, de s’estimer, à l’écouter, quasi blanchi. Omettant, dans sa démarche clairement offensive, que le procureur de New York ne met pas en doute ce qui s’est passé entre 12h06 et 12h26. Gommant le risque réel, potentiel, d’un procès au civil qu’il refuse d’ailleurs –élément neuf- de négocier…Ce qui l’obligera, alors, à venir s’expliquer enfin réellement dans un procès.
Agitant à nouveau, étonnamment, la théorie “du piège possible”, hypothèse grave qui sera assurément épluchée par les avocats de Nafissatou.
Cela sentait fort le copié-collé de la fameuse confession de Bill Clinton après l’affaire Monica Lewinsky. Mais en service minimum de mea-culpa, avec des émotions préfabriquées plaquées sur des mots.
On sent que l’homme qui se voyait président et qui n’est plus rien rêve de purger l’affaire. Subitement bien plus à l’aise pour causer surréalistement euro ou crise économique, la compétence que lui laissent encore, dans la mort par sondage, 64% des français.
Lucide pour l’heure, veillant d'évidence à ne pas embarrasser le PS français tout en donnant le "baiser de la mort" à Martine Aubry, DSK ne renonce d’évidence à rien à terme (“être utile au bien public”). Et le feuilleton médiatique ne fait assurément que commencer: le “plan médias”, après la télé, basculera logiquement vers la presse papier la plus “amicale. ( L'Express, attaqué, avait déjà révélé en 2008 l'addiction sexuelle de DSK). Avant que l’homme n’entame ce grand classique du genre qu’est l’obligatoire traversée du désert.
Trop de communication, surtout avec les vieilles ficelles éculées d'avant la démocratie instantanée des médias sociaux,  peut tuer le politique.
On l’avait déjà constaté au retour gonflé de DSK en France: comme si rien ne s’était passé, genre otage libéré, sourire quasi vacancier aux lèvres.
DSK, sur TF1, a tenté de classer sa propre affaire, en oubliant que la sincérité, ça ne se met pas à ce point en scène. Et que la chorégraphie par trop bidonnée, ça se remarque désormais instantanément sur le fleuve Twitter, démocratie instantanée.
Car, de toute façon, il n’y a que les “amis” pour vous comprendre alors que les ennemis, les décus, les hostiles, les écoeurés ne vous croient pas. Et parmi les incrédules, bien des femmes qui, sur ces ressentis là,  n’ont pas la mémoire courte. Surtout lorsqu’on ne leur présente pas d’excuses, mot jamais prononcé, comme si DSK ne voulait pas voir la mesure du rejet.
En fait DSK a un problo: il n’a finalement jamais les mots qu’il faut.

Même dans une tribune de connivence. Le voici donc un peu plus mort.


DSK sur TF1 : c'était aussi en direct sur Twitter par Europe1fr



Les "Francs Tireurs" de ce 18/09 sont en ligne: De Wever loupe son rôle historique, Ch. Michel s'affirme au risque de plomber le MR, Leterme manque d'éthique...

dimanche 11 septembre 2011

Les"Francs-Tireurs" de ce 11/09 est en ligne: les éprouvettes de Di Rupo, la fin de l'omerta sur les harcèlements des politiques...

 Le formateur a dit récemment dans une interview au "Bulletin": " En chimie, si vous prenez un tube d'eau pure et que vous rajoutez une goutte de couleur, c'est toute l'eau qui est colorée. C'est la même chose en politique..."
Elio Di Rupo est , pour rappel, diplômé en "science des matériaux". Titre de sa thèse de fin d'études (authentique): "Etude du frittage réactif du zircon et de l'albumine alpha".


mardi 6 septembre 2011

Bart De Wever mis sur la sellette par des enfants: “ Parfois, je m’imagine être le Grand Schtroumpf “…(Dag Allemaal)


“Si jamais nous nous séparons, nous resterons tous en Europe, donc on ne sera jamais réellement séparés. Chez nous, ça s’appellera la Flandre, c’est pas difficile, hé ! Quant aux wallons, ils devront eux-mêmes décider la dénomination de leur pays…”
Une interview de rentrée qui vise l'affectif.
-“Ou habitera le Roi ? Franchement, ils feront ce qu’ils veulent !  D’ailleurs, si les gens veulent garder un Roi, ils peuvent le garder ! Comme Roi de Flandre et de Wallonie, pourquoi pas ?”
Ces nouveaux propos-choc de Bart De Wever, le président de la N-VA les a tenus à... Ine (13 ans), Hanne (12), Hannelore (14), Arthur, et, surtout à Daan (12), le plus pitbull de la bande des cinq “ kinderburgemeesters” (une tradition forte au Nord du pays que ces ambassadeurs locaux de la jeunesse…) conviés par “ Dag Allemaal” (6/9) à interviewer le grand homme de la N-VA qui en décroche la “Une” de l’hebdo. Un De Wever qui joue donc plus que jamais sur tous les terrains de la communication, sautant d’une interview de haute volée au “Standaard” (avec pour sujet la philosophie politique du tchèque Miroslav Hroch ) à cette rencontre  (une "interview de rentrée" pour le moins différente ) avec des ados pour le magazine le plus popu de Flandre (1.250.000 lecteurs).
Un joli coup de com' médiasympa pas forcément facile: on devine vite que la rencontre  n’est tout de même pas un exercice des plus faciles pour Bart, lui-même un papa fort absent de son propre aveu. 
Face à cinq juvéniles bourgmestre...
On sent, entre les lignes, qu’il peine un peu à trouver le juste ton, ni trop adulte, ni trop enfantin, ni trop instrumentalisant. Pas du gâteau comme exercice pour le boss N-VA, dont le propre papa militant flamand l’emmenait tout petit dans les manifestations sans lui avoir évidemment jamais demandé son avis...  
On n’est pas sûr que parler à des jeunes ados des menaces anonymes qu’il reçoit (“Je vais tuer vos enfants”) soit d'ailleurs vraiment, euh, le plus habile sujet de conversation. 
Et on devine que l’homme, assez conservateur sur certains thèmes, (on connaît sa critique récurrente de la société facile de consommation…) est parfois décontenancé. Notamment lorsqu’il découvre que ce “club des cinq juvéniles bourgmestres ” joue uniment et abondamment du GSM.
“ Je suis un monstre préhistorique”, doit-il bien concéder en tentant, un brin tâtonnant, de nouer le débat . 
“ J’ai eu mon premier GSM à 26 ans. Mon Hendrik (le fils de Bart, 10 ans) m’a demandé récemment à recevoir un GSM.” Et, pas vraiment persuadé : “Maintenant que je vous vois tous avec un portable en mains, je ne pourrai sans doute rien faire d’autre que de céder…”
Et les questions-réponses de se succéder, dans un climat intéressant car parfois déconcertant pour De Wever:
- Non, c’est son épouse Veerle qui conduit sa progéniture à l’école. C’est que Bart est par trop souvent interpellé en rue. “Je ne peux pas me promener, même dans un bois, sans tomber sur un flamand qui s’exclame “ Regardez qui nous avons là ! “(...). Ils veulent tous bavarder 5’ mais parfois ça m’arrive vingt fois par jour. Je vais en vacances en Autriche pour donner de l’attention à mes mômes, pas pour babbeler une fois de plus avec des flamands…”
- Oui, bien sûr que les enfants de Bart peuvent écouter les chanteurs flamands Milow ou Daan, qui l'ont tant contesté…”Si on ne peut pas supporter la critique, alors il ne faut pas faire de politique.”
- Bart a d'ailleurs d’évidence l’habitude de ne pas plaire à tout le monde.
“ A l’école, raconte-t-il, j’étais déjà une exception: le seul à ne pas jouer au football. On m’avait donné un surnom : j’étais “ Le Philosophe”. Les gosses peuvent être très durs entre eux…”
-“ Oui, mes enfants sont souvent abordés à propos de leur papa. D’abord à cause du “Slimste Mens” (le quizz de la VRT) et ensuite de l’émission parodique “ Tegen de Sterren op” (ou Bart est souvent imité). Mon fils m’a demandé un jour : “ Papa, est-ce que je peux rire de ça ? “ Donc, il regarde et montre à tout le monde les extraits video sur  “You Tube”… 
Daan: "M. De Wever, je veux une vraie réponse"
A cette question de Daan, De Wever tentera vainement de se dérober, avant de finalement lâcher cette confidence très politique:
“ Oui, il y a quelqu’un en qui on peut avoir une confiance aveugle et c’est Jo Vandeurzen, du CD&V. Si Jo me dit quelque chose, je sais que c’est juste”.

Etonnante question du jeune Daan (12) encore qui demande à Bart De Wever si, “pour se rendre en France, il ne préfère pas passer par l’Allemagne plutôt que par la Wallonie”...
“ Ce serait un sérieux détour ! répond-il, amusé. Non, les problèmes politiques n’ont rien à voir avec les gens. Et je vais bien entendu passer par chez les wallons… L’état des routes en Wallonie ?  En Flandre non plus, on n’a pas toujours fait au mieux. En Wallonie, on n’a assurément pas assez investi dans les routes. C’est le ministre Daerden qui est responsable de cela.”
“ Vous le connaissez, Daerden ? demande-t-il aux cinq ados. Et de mimer , pour qu’ils comprennent, le gag d’ un homme qui porte un verre à ses lèvres , ce qui provoque le déclic de compréhension immédiat.
Et comme ces ados veulent décidément tout savoir , on apprend encore (traduction résumée) que Bart De Wever : 
-      a connu son premier amour à 18 ans .
-       que son premier baiser lui fait dire que “tout début est difficile, hé”.
-      qu’il n’a aucun “personnel de maison”  et “qu’il tond lui-même sa pelouse sur une tondeuse à siège. " (avec un emplacement pour  boisson)
     - que sa devise latine préférée est finalement : “ Fugit irreparabile tempus”.(“ Le temps fuit     
        irréparablement “, disait Virgile)
       - qu'il hésiterait encore, à l'en croire, à être candidat bourgmestre d'Anvers en 2012 (et qu'un poste de Ministre-Président flamand n'est pas à rejeter.)
     -qu' Albert II est un homme "très sympathique, spontané, qui a un grand sens de l'humour " mais 
      qui n'est pas "happy" des idées de la N-VA...
      -qu’il n’a plus la possibilité d’aller voir les films qu’il affectionne mais va parfois au cinéma pour 
        faire plaisir à ses enfants. Une fois pour regarder “Cars 2”, l’autre pour les “Schtroumpfs”.
 
On en retiendra peut-être cette phrase, plus psy qu’on ne croit:
“ Parfois, je suis le Schtroumpf grincheux. Parfois je suis le Schtroumpf à lunettes. Et parfois je m’imagine que suis le Grand Schroumpf, mais bon, pour diverses raisons, ce n’est pas le cas…”

samedi 3 septembre 2011

Ca plane toujours pour Bart: si des N-VA sont déçus de ne plus le voir négocier, son potentiel électoral est plus qu’intact (39% d'intentions de vote…)

 Bart De Wever livrait, il y a peu, la recette de sa N-VA. “Le nationalisme ne peut avoir de vrai succès que lorsque la Nation n’est qu’un moyen (pour alléger les impôts, mieux contrôler l’immigration, etc…) et pas une fin en soi “, confiait-il en substance.
Cela ne remontera assurément pas le moral de ceux qui espérent un destin d’étoile filante à DeWever, mais, pour l’heure, c’est clair que c’est toujours bingo.
Mieux: non seulement la N-VA ne déçoit toujours que fort peu de ses électeurs de juin 2010 (toujours 88% d’électeurs prêts à voter kif) mais son potentiel à séduire des électeurs qui n’avaient pas voté N-VA en juin 2010 demeure carrément canon.
Tout ceci découle clairement du sondage politiquement tout frais réalisé pour “Het Laatste Nieuws” par l’institut ANT Research (1.405 flamands sondés les 31 août et Ier septembre) qui avait déjà testé les mêmes interrogations en juillet dernier, la comparaison permettant ainsi de jauger l’évolution de l’opinion publique au Nord du pays.
Un premier élément est évident: les électeurs N-VA n’ont pas tous été enthousiasmés
par le “non” de De Wever et  son exit des négociations.
Si 87% des électeurs N-VA soutenaient la stratégie de Bart en juillet, ce score tombe tout de même à 65% en ce tout début septembre.
Mais le seul chiffre très significatif du sondage reflète aussi plutôt une déception: celle de ne plus voir le “lider màximo maximorum” jouer de son influence face à Di Rupo et autres.
Car lorsqu’on enchaîne avec la question de savoir si, en sortant ce nouveau tour de sa poche, Bart a ébréché sa stature “d’homme d’Etat” responsable, ils sont toujours 82%, d’électeurs N-VA, tout comme en juillet, à ne point le penser.
Bref, pour l’heure, pas de dégâts pour le “parti-savon”, juste quelques bulles peu significatives.
Mais ce qui doit remuer au CD&V, menacé, en cas d’échec, d’être un oiseau pour le chat N-VA, c’est que le potentiel d’expansion électorale de Bart reste quasi intact.
A la question “ En cas de nouvelles élections législatives, voteriez-vous N-VA ? “,
les sondés donnent, tous confondus, pas moins de... 39% au parti nationaliste contre 40% des sondés en juillet. (pour rappel, la N-VA avait officiellement capté 27,8% des voix en Flandre au scrutin déjà si lointain de juin 2010.)
Mais le plus gravos pour Wouter et Alexander -les deux gibiers désormais visés par les tirs d’opposition très nourris de la N-VA- c’est que 20% des électeurs n’ayant pas voté pour la N-VA en juin 2010 se disent désormais, aujourd’hui, prêts à le faire.
Faites le compte: 20% de tous ceux qui ont voté l’an dernier pour d’autres partis, c’est une réserve big-mac, hénaurme…
Le "Bartland" vu par Knack (BD Lgendre-Cambré)
Admettons (là, on est peu dans la technique sondagière) que De Wever perde, à la grosse louche, des votants cru 2010 déçus, il peut par contre, à la balance, en gagner donc une flopée. On vous passe additions et soustractions, mais  voici quelque 12% de flamands  s'avouant prêts, eux aussi, à être séduits lors d’un nouveau scrutin, histoire de faire remplacer le CVP-CD&V par la N-VA.
On n’ira pas jusqu’à pousser le bouchon en additionnant tous ces possibles instantanés d'opinion, mais le trend est clair: ça plane encore et toujours pour Bart, fut-il isolé.

vendredi 2 septembre 2011

Le canon à mépris du “Bartland” vexe tellement l’opinion du Sud que Maingain en vire soudain symbole sauce Happart…


Quel est le plus ancien des présidents de parti après l’exit de Joëlle Milquet et son bail de 12 ans ?
Elio Di Rupo ? (12 ans itou)
Z’y êtes pas: ce président installé depuis bientôt… seize ans et à qui aucune ambition volontariste ne semble jamais vouloir réellement disputer son siège*, c’est Olivier Maingain, qui succéda en octobre 1995 à la tête du FDF à Georges Clerfayt, le papa à Bernard de Schaerbeek. (11 ans de leadership)
C’est dire si l’homme amaranté en a vu des couleurs et des négociations mûres ou pas mûres, dont le fiasco des négos de la période “orange bleue”. Ou il croisa, des mois durant, un certain Bart De Wever, tout juste élu en deuxième position d’une liste CD&V-NVA menée par…Inge Vervotte.
C’est dire si l’avocat, devenu parlementaire à 31 ans, fait quelque part partie des “meubles politiques”, ayant pris depuis lurette le pli psychologique qui sauve de ne pas trop se soucier d’être apprécié ou vilipendé selon les uns ou les autres.
Une équipe de trois députés: toutes les ambiguités de l'alliance avec les libéraux.
Avec le bonus politique (meilleur score BHV en 2010 avec 62.988 voix de préférence) que donne souvent la constance, surtout si celle-ci est supportée par une tête de liste presque imposée aux purs libéraux bruxellois du MR.
Mais voici soudain un étrange phénomène médiapolitique: que cet homme-là, qui a traîné ses guêtres  dans moult négociations ou abords sans que ça fasse du foin, sans que ça dérange réellement grand monde, change soudain de statut et fasse subitement polémique.
Cela vire suspense: le bourgmestre  MR de Woluwé-St-Lambert  pourra-t-il siéger, oui ou non, autour de la table lorsque le formateur essaiera de béhachever mieux que Verhofstadt, Dehaene ou Leterme ? 
Cela vire même bizarre puisque le Nord  en arrivé, dans sa fixette, à contester subitement  jusqu’à cette règle d’or qui veut que chaque parti choisisse évidemment librement sa délégation.
C’est que Bart De Wever- si mythiquement diabolisé par l’opinion francophone- s’étant mis out, une certaine opinion flamande –qui diabolise tout aussi gravos le président du FDF- voudrait tant instaurer un parallélisme de la mise en quarantaine.
Conséquence: tout comme Bart gagne des points  au “Bartland” lorsqu’un Ecolo mal inspiré le traite de “parasite”, voici qu’ Olivier Maingain se hisse ces temps-ci au statut inattendu de “symbole” politique du combat anti-flamand, empruntant un peu les habits que José Happart avait un temps revêtus dans les années ’80, Fouron aidant.
C’est que  l’opinion du Sud a évolué bien plus rapidement que les négociateurs, fixés, obnubilés par la quête désespérée d’un accord.
Car le climat parfois pour le moins douteux du “Bartland”, ou d’aucuns géographient la Wallonie à l’instar de la Grèce, ou on ne voit au Sud que des “junkies” accros au profitariat, fainéantant de concert avec des myriades de faux handicapés, ça touche à des ressorts vitaux de la psychologie humaine: la fierté, l’amour propre.
Et génère ce besoin d’entendre quelqu’un dire leur fait aux flamands, de leur en remontrer, bref de leur river le clou, voire de leur rentrer dans le chou.
Et puisque la demande reste sans grande réponse du côté des sachems officiels de parti, si préoccupés par le souci "de ne pas envenimer les choses", de ne pas poser de gestes ou de mots dangereux “pour l’avenir”,  d'éviter les plateaux télé, voici que le bon vieux “provocateur Maingain” remplit subitement et utilement ce besoin, ce manque.
Oh, bien sûr, le wallon s’en tape souvent un peu le coquillard des communes de la périphérie qui ne lui apparaissent pas comme étant vraiment son problo. Oh, bien sûr, le français un brin pincé du président du FDF n’est pas trop sa tasse de pékèt. (l’implantation du FDF en Wallonie fait d’ailleurs toujours un peu bricolo…)
Peu importe: ce qui lui plaît au wallon, au francophone excédé et pas forcément FDF, c’est que quelqu’un y aille à la sulfateuse, à la tronçonneuse. Bref, réagisse fortement aux agressions du Nord.

Il faut d'ailleurs relever combien Maingain, sur les plateaux de télé, a presque adopté la même gestuelle que l’ami Bart: mains croisées, impavide,  sûr de son discours, fut-il répétitif.
De Wever a choisi depuis longtemps le regard fixe; Maingain lève plutôt les yeux au plafond ou vers ses chaussures. Tous deux indifférents en tout cas aux attaques qui glissent sur leur carapace comme pluie sur plume de canard.
Mais le résultat est kif: c’est du rentre-dedans.
Pour le MR de Charles Michel, où tout n’est certes pas décanté mais où l’on se concerte bien plus qu’on ne le pense, c’est là une carte intéressante dans cet objectif à peine dissimulé d’apparaître comme “le meilleur parti de la défense des francophones”, suivez déjà les petites pancartes "Fédération Wallonie-Bruxelles."
Le PS, jadis, utilisa ainsi habilement José Happart, aussi à gauche qu’une portière de voiture anglaise. Non sans devoir gérer les multiples exigences sinueuses du combattant fouronnais.
Les relations FDF-libéraux étant tout sauf simples, l’aura subite de Maingain, “l’idéaliste francophonissime”, a, pour le MR, itou ses défauts et ses qualités , selon que l’on privilégie pouvoir ou parti.
Les hommes-symbole, c’est joli, mais c’est compliqué…



NB: * Le seul à s’y essayer, fut un jour le “régionaliste” Didier Gosuin qui annonça sa candidature mais finit par y renoncer, Maingain "le communautariste" étant alors réélu avec 79,9% des voix.