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Bart De Wever recevant son Lobby Award des mains de Paul Grosjean |
mercredi 26 décembre 2012
mardi 18 décembre 2012
Depardieu en Wallonie: le détail précis des avantages qu'y trouve tout exilé fiscal (le ministre Antoine au Parlement wallon)
Le ministre wallon André Antoine a fait le point, mardi, au Parlement
Wallon, sur les divers avantages que Gérard Depardieu et les autres “exilés
fiscaux’ trouvent en venant s’installer en Wallonie:
Le premier élément est donc cet impôt sur
la fortune qui se déclenche en fonction des revenus que l'intéressé gagne en
France et, selon l'évolution de ses revenus.
Cela renvoie à une perception oscillant de 0,25 à 1,8 sur son patrimoine
ce que nous ne connaissons pas en
Belgique.
2) PLUS-VALUES SUR ACTIONS: Deuxième élément, nettement plus
significatif, ce sont les plus-values sur actions, puisqu'elles ne sont pas imposées
en Belgique. Lorsque vous réalisez des plus- values, vous n'êtes pas imposés.
Par contre, en France, la taxation s'élève à 30 %. Pour un certain nombre
d'hommes d'affaires, c'est très important. Dans ce cas-là, c'est 30 % qu'ils
auraient dû payer en France et qu'il ne paient pas chez nous. C'est, à mon
avis, dit le ministre, l'élément le plus important.
3) LES DONATIONS MOBILIERES EN WALLONIE. Pour ce qui concerne la Région
wallonne, il y a la réforme organisée pour les donations mobilières. En effet,
en Région wallonne, nous connaissons un régime préférentiel de taux réduits :
3,3, 5,5 et 7,7. (Au passage, les flamands ne connaissent pas la position
intermédiaire de 5,5.) Nous avons donc en Wallonie une fiscalité de donation
qui est plus avantageuse pour les Flamands que pour les Wallons, et bien
davantage encore pour les Français. En effet, là, en ligne directe, le barème
des donations oscille selon le montant taxable parce qu'il y a des abattements
qui interviennent et que nous connaissons moins. Dès lors que l'on est à 8 000
euros, on paie déjà 5 %. Entre 8 000 et 12 000 euros, on paie 10 % et cela va
jusqu'à 45 % quand c'est supérieur à 1 800 000 euros.
L’ADDITION: Ces trois
mesures combinées, l'impôt sur la fortune, les 30 % sur les plus-values et les
droits de donations, vous aurez compris qu'il y a une très nette différence
entre notre pays et nos amis d'outre-Quiévrain en la matière.
L’OSMOSE CULTURELLE: À cela s'ajoute peut-être un élément. L'expatrié
fiscal cherche aussi à trouver une région qui lui est proche, et dont le niveau
de vie correspond assez bien au sien, tant sur le plan social, pour
l'épanouissement, la vie culturelle, la langue, ou la vie gastronomique,
peut-être pour certain. C'est la raison pour laquelle la Wallonie à davantage de
succès qu'un certain nombre de régions flamandes. En effet, nous vivons dans le
même bain culturel. Au passage, détail important, toutes les chaînes télé
peuvent se capter très facilement. Je veux dire par là qu'ils ne sont privés,
ni d'informations télévisuelles, ni de périodiques qui les concernent. Il n'est
donc pas anormal de penser que la région du Haiunaut Occidental soit davantage
sensibilisée puisqu'il suffit de franchir la frontière pour bénéficier de ces
différents changements.
PAS DE RENTREES POUR ESTAIMPUIS. Qu'en est-il des retombées pour la
Wallonie ? Elles ne sont pas considérables, reconnaissons-le. Il y a, bien sûr,
l'impôt des personnes physiques ou, pour les communes, la taxe additionnelle à
impôts des personnes physiques. Cependant, en 2008, elle a fait l'objet de
modifications via la convention préventive de double imposition pour les
travailleurs frontaliers conclue entre la France et la Belgique à l'initiative
de M. Didier Reynders. Elle implique que, désormais, les travailleurs transfrontaliers
français sont imposés sur leurs revenus professionnels en France, privant de la
sorte les pouvoirs locaux des additionnels y relatifs.
Si l'intéressé (Depardieu) a une grande partie de ses revenus générés en
France, la Commune d'Estaimpuis ne fera pas nécessairement une très belle
opération, sinon peut-être sur le plan touristique, sur le plan des retombées
ou de la notoriété en la matière.
Pour le reste, l'intéressé ou d'autres paieront le précompte immobilier.
Néanmoins, que ce soit un Français, un Belge ou un tiers, il le paiera de la
même manière. De plus, il y peut de chances que, s'ils le revendent, ils
bénéficient de droits réduits. Généralement, ils n'achètent pas des propriétés
qui sont frappées du taux réduit. Encore que, 60% des habitations wallonnes
sont frappées d'un taux réduit. Lorsque l'on voit la valeur des propriétés
qu'ils acquièrent généralement, c'est évidemment d'une tout autre
signification.
BILAN: les dispositifs français sont sur trois points, largement plus
prégnants que les nôtres : à savoir l'impôt sur la fortune, la taxation des
plus-values et, enfin, les droits de donations qui se présentent de manière
beaucoup plus heureuse, et cela de par une réforme de l'actuel gouvernement
wallon.
dimanche 16 décembre 2012
mardi 4 décembre 2012
A Anvers, le futur bourgmestre Bart De Wever et les culturels se battent déjà pour un nom de place...
La grande affaire du moment en Flandre, c'est,
curieusement, le conflit entre le mouvement culturel "Behoud de
Begeerte" (avec l' éminent écrivain Tom Lannoye) et Bart De Wever,
imminent bourgmestre d'Anvers (si, si, ça avance bien avec CD&V
et OpenVLD). En cause l'idée (pas vraiment anodine) des premiers de
rebaptiser la place Pieter de Coninck à Anvers (l'un des chefs les
plus populaires de la révolte flamande de 1302 contre les Français, qui
inspira Henri Conscience) en place "Herman de Coninck". (le poète le
plus populaire en Flandre)
"C'est l'une des idées les plus stupides que j'aie entendu ", a lâché De Wever à la VRT et "c'est peu dire" a-t-il ajouté en parlant de quelque chose "d'idiot".
Du coup, Tom Lannoye- un des meilleurs ennemis du leader de la N-VA- publie une "Carte Blanche" remarquée.
"Que Bart De Wever réagisse comme politicien nationaliste flamand, écrit-il dans le Standaard, nous pouvons le comprendre, mais nous regrettons qu'il ne nous réponde ni au plan des arguments intellectuels, ni en tant que futur bourgmestre d'Anvers ".
En rajoutant une couche, Lannoye reproche aussi à De Wever et à la N-VA de ne pas avoir pensé honorer l'anniversaire du décès d' Henri Conscience: "Quelles initiatives Bart de Wever a-t-il proposé en 2012 au Parlement flamand, où il dirige le groupe le plus important, pour célébrer les 200 ans de la mort du grand écrivain de la Flandre?"
"C'est l'une des idées les plus stupides que j'aie entendu ", a lâché De Wever à la VRT et "c'est peu dire" a-t-il ajouté en parlant de quelque chose "d'idiot".
Du coup, Tom Lannoye- un des meilleurs ennemis du leader de la N-VA- publie une "Carte Blanche" remarquée.
"Que Bart De Wever réagisse comme politicien nationaliste flamand, écrit-il dans le Standaard, nous pouvons le comprendre, mais nous regrettons qu'il ne nous réponde ni au plan des arguments intellectuels, ni en tant que futur bourgmestre d'Anvers ".
En rajoutant une couche, Lannoye reproche aussi à De Wever et à la N-VA de ne pas avoir pensé honorer l'anniversaire du décès d' Henri Conscience: "Quelles initiatives Bart de Wever a-t-il proposé en 2012 au Parlement flamand, où il dirige le groupe le plus important, pour célébrer les 200 ans de la mort du grand écrivain de la Flandre?"
dimanche 18 novembre 2012
vendredi 16 novembre 2012
lundi 5 novembre 2012
jeudi 1 novembre 2012
Un phénomène devenu banal : le passage du journalisme à la communication politique et vice versa
L'excellent site d'info Apache.be (très influent en Flandre) développe peu à peu en ligne une version francophone. Pierre Jassogne vient ainsi d'analyser un phénomène devenu banal : le passage du journalisme à la communication politique et vice versa. Un dossier en trois volets avec l'avis d'Alain Gerlache, du professeur Marc Lits et de votre serviteur (liens sous l'article).
http://www.apache.be/2012/10/31/devenir-militant-le-drame-absolu-pour-un-journaliste-michel-henrion-ex-porte-parole-de-guy-spitaels/
http://www.apache.be/2012/10/31/devenir-militant-le-drame-absolu-pour-un-journaliste-michel-henrion-ex-porte-parole-de-guy-spitaels/
mercredi 31 octobre 2012
Le genre de détail qui vous fait douter de toute une analyse politique...
Certains politologues m'étonneront toujours. Je lis l'analyse de Vincent de Coorebyter (CRISP) dans Le Soir et suis quelque peu interloqué à lire ceci:
" Bart De Wever avait annoncé une double ambition pour les élections communales: prendre les deux premières villes de Flandre. Il a gagné son pari à Anvers mais il a échoué à Gand".
C'est juste pour Anvers, mais sur base de quoi le directeur du CRI
SP peut-il affirmer cela pour Gand ? La N-VA n'est pas folle et savait pertinemment bien que Gand, grâce au SPa Daniel Termont, était un fief de gauche quasi imprenable ? Donc, ce que Van Coorebyter affirme je ne l'ai jamais lu, vu ou entendu dans les médias du Nord.(et je ne suis pas trop distrait) et n'a, à mon sens, jamais existé.
Le genre de détail forcé qui, du coup, vous fait douter de toute l'analyse.
Psy et passion politique, qu'il s'agisse de s'en prendre à De Wever ou de se faire l'avocat de Léopold III, c'est décidément un bien mauvais mélange...
Le psychiatre Jean-Yves Hayez est, décidément, un personnage... Pour rappel, c'est lui qui s'était fait sévèrement tancer par le Conseil national de l'Ordre des médecins qui avait jugé -et ce n'est pas rien- que ledit psychiatre , professeur à l'UCL, avait "porté atteinte à sa profession" en qualifiant, dans une interview à la presse, le président de la N-VA "d'enfant roi". Sa démarche a été "contraire à plusieurs dispositions du Code de déontologie médicale", estimait le Conseil de l'Ordre, notamment en l'absence "de relation patient avec Monsieur Bart De Wever".
Badaboum: dans une "Carte Blanche" au Soir, le dit Jean-Yves Hayez, à nouveau en pleine analyse psy très personnelle, s'en prend cette fois à Frederic Deborsu accusé, entre autres folies livresques, d'être poussé (on cite) " par des conseillers ou commanditaires" qui aimeraient carrément, selon Hayez, "enclencher une seconde question royale". Rien que ça . Et entre autres accusations enfilées comme autant de perles, Hayez de reprocher "l'énorme coup de poing au ventre infligé aux quatre enfants de Philippe et Mathilde". Oui, au ventre. (on note que les problos psy de Delphine Boël, qui ceux-là n'ont rien d'éventuels, n'intéressent guère le psy UCL). Qui, en fin de cette "Carte Blanche", co-écrite avec François Leurquin, donne la clé politique de son humeur dépsytée:
" En 1950, lors de la première question royale, une partie du pays avait voulu se débarrasser de Léopold III, à cause de sa supposée traîtrise au pays".
Psy et passion politique, qu'il s'agisse de s'en prendre à De Wever ou de se faire l'avocat de Léopold III, c'est décidément un bien mauvais mélange...
dimanche 28 octobre 2012
Deborsu: ce sont ceux qui en parlent le plus qui ne l'ont pas lu (Controverse)
Débat
animé sur la monarchie à Controverse (28/10/2012)mais dont certains participants
n'ont assurément guère fait avancer le principe du libre-examen ("La
pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à
une passion, ni à un inté
rêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi
que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se
soumettre, ce serait cesser d'être.")
Si l'excellente Martine Dubuisson (journaliste au Soir), si Josy Dubié (ex-journaliste, ex-sénateur) et l'essayiste Thierry Debels
(qui accusera Léopold 2 de pédophilie) avaient préalablement lu
l'ouvrage de Frederic Deborsu, il n'en allait étonnamment pas de même
d'autres invités. Cela donnait des propos quelque peu...euh...
surprenants:
-Armand De Decker: " Je n'ai pas lu le livre. J'ai lu
les extraits et ça me suffit. Bien entendu ce livre poursuit des buts
politiques." (rires sur le plateau)
-Marc Uyttendaele: " Je n'ai pas
lu le livre. Et je n'ai pas envie de le lire. Je n'ai pas envie de
cautionner par l'achat de ce livre".
-Pierre-Yves Monette,
conseiller honoraire du roi: " Je n'ai pas lu le livre. Je ne l'ai pas
trouvé en librairie, et ils ne sont pas en rupture de stock. On y touche
à la dignité humaine et à la Convention Européenne des Droits de
l'Homme".
Comme quoi, c'est décidément ceux qui en parlent le plus qui ne l'ont pas lu, le Deborsu.
vendredi 26 octobre 2012
lundi 15 octobre 2012
Vague jaune: le déni-oui-oui des partis francophones ou le danger d’un certain formatage des esprits…
C’est que, en 2006, la N-VA n’était qu’un maillon très
discret du cartel avec le CD&V d’Yves Leterme.
C’est que, surtout, cela fait dix mois, sinon davantage, que
les partis du Gouvernement Papillon tendent à faire presque oublier au wallon,
au bruxellois lambda, l’existence de la N-VA. Ou, à tout le moins, à ne pas lui
faire mesurer son poids: non pas celui de la Volksunie de jadis- dont on se
passait sans difficultés- mais bien celui du premier parti du pays et du premier parti de
Flandre.
Qui, depuis quelques heures, s’est désormais doté d’une armée: celle
de tous ces nouveaux mandataires dûment élus. Qui, d’ici le “super Sunday” de
juin 2014 (selon la formule consacrée en Flandre, la “mère de toutes les
élections”, où on votera fédéral, régional et européen) entendra encore activement pousser
plus loin vers ce confédéralisme qui sauverait encore la Belgique. Et dont Di Rupo, dira De Wever, ne veut même pas me parler.
Il y a là une sorte de formatage des esprits qui en devient
vraiment gênant.
Dimanche soir, sur les plateaux-médias, alors qu’un
événement politique considérable venait de se dérouler en Flandre, c’était le
festival des oeillères et du déni-oui-oui.
"Je reconnais le succès de la N-VA", arrachait-on au
bourgmestre de Mons qui en oubliait qu’il était avant tout Premier
Ministre. ”Il n’y a pas de lien
entre les élections locales et fédérales" finissait-il par lâcher,
reprenant son classique élément de langage soudain assez terni. Thèse reprise en boucle, à l’envi,
contre toute réalité, par le président a.i. du PS, Thierry Giet, et nombre d’autres représentants
francophones. (à l’exception d’Olivier Maingain et, pointe des pieds, d’Emily
Hoyos)
Motus. Silence des agneaux. Rohypnol politique.
La volonté de
fermer les yeux de certains politiques bruxellois ou wallons ne manque
décidément pas d’étonner.
Et quasi personne pour souligner le “Dimanche Noir” des
fascistes du Belang, réduits à peau de chagrin jusque dans leur propre fief,
cette ville d’Anvers ou vitupère le trio Dewinter, Annemans-Valkeniers
(démissionnaire). Quasi personne pour relever que c’est tout de même pas si mal
que tous ces électeurs qui votaient pour une extrême droite non-démocratique
aient quitté ce camp là, aient franchi le cordon sanitaire pour rejoindre le
parti de De Wever, assurément de droite, mais sans nul doute démocrate.
Non: on préfère laisser planer le doute que Belang et N-VA,
ce serait blanc bonnet ou bonnet blanc. Et ce qui me frappe, c’est toujours la
stupéfaction de l’homme de la rue francophone lorsqu’il découvre, surtout ces
heures-ci, qu’écolos de Groen ou socialistes du SPa (avec des syndicalistes
pointus, antifacistes militants et tout) n’hésitent pas un instant à se mettre en cartel où à former
des coalitions avec la N-VA. Parce que c’est, tout bonnement, un pion
dérangeant mais normal du jeu démocratique en Flandre.
Souvenez-vous: au lendemain du 10 juin 2010, lorsque les
politiques francophones découvraient (il n’est pas d’autre terme) la N-VA, De
Wever était quasi le type super-sympa. Au fil de la crise des 541 jours, on l’a
progressivement diabolisé, jusqu’à en faire un épouvantail , un repoussoir
idéal. Christophe Deborsu, désormais journaliste à Vier mais wallon de tripes,
n’a pas manqué de liberté d’esprit en disant l’autre jour ce qui est au
“Soir”:`

On peut certes en débattre, (y'a de quoi: l'homme a ses côtés troubles) mais le préjugé de fond est plus gros qu'une maison et trouve toujours preneur dans une opinion qui, généralement, ignore tout de l'autre Communauté. Souvenez-vous de l’enthousiasme
qui avait saisi nombre de francophones après les mâles déclarations (à effet
purement électoraliste) de l’OpenVLD Patrick Dewael à la Chambre, selon lequel
il s’imposait surtout de ne pas s’allier avec la N-VA, quasi assimilé par le député
Open VLD à de l’extrême droite.
Depuis dimanche, les coalitions Open VLD-N-VA ont pourtant
fleuri : Overijse, Alken, etc… A
commencer par Courtrai dont Vincent Van Quickenborne deviendra
bourgmestre. Précisément grâce à
l’appui de cette même N-VA si décriée par Dewael ou Verhoftstadt.
Oui, on peut certes nuancer la “vague jaune” de la N-VA qui,
parfois, en Flandre n’est que vaguelette. Mais oser affirmer que tout cela
n’est que clapotis local et que l’atmosphère “qui est bonne, oui, l’atmosphère
est bonne” ne changera en rien au 16 rue de la Loi, c’est là politique de
l’autruche. Même si, pour l ’heure, les présidents des partis flamands de la
coalition semblent garder leur sang-froid.
LE PIEGE FISCAL
On sait bien que, dès les divers paquets de la réforme de
l’Etat bouclés, le CD&V aura toutes les envies de claquer la porte, ayant
engrangé ce qui l’intéressait.
(d’où l’astuce du Premier Ministre : procéder par phases, pour tenir
autant que faire se peut les sociaux-chrétiens flamands de Wouter Beke)
Grave problème de communication: on ne voit plus, ni le CD&V, ni surtout l’Open VLD,
se suicider et accepter pour ce qui est du budget, quelque taxation supplémentaire. Qui serait illico critiquée par De Wever, dont c'est devenu le thème majeur. Tandis qu’à l’inverse, SPA
et PS seront sous la pression non négligeable du PVDA et du PTB, dont
l’émergence - il est vrai dans des
endroits stratégiquement très ciblés par l’extrème-gauche- n’est tout de même
pas anodine.
On peut certes se raconter des histoires en contenant ces
élections communales à un niveau local.
Par contre, on peut difficilement nier que les élections provinciales ressemblent fort un test
national. Dans ce cas, les socialistes sont en méforme et la N-VA encore un peu plus forte qu’en 2010.
vendredi 12 octobre 2012
Ma "Carte Blanche" au "Soir": Petites et grandes tendances du cru électoral 2012
C’est de la tristitude, cette campagne communale: la pêche
aux voix s’est faite désenchantée, mettant en scène des ombres politiques
presque interchangeables avec leurs phrases toutes faites, ikéatées sur la sécurité ou la mobilité.
La faute aux partis, dont les slogans nationaux convenus,
sans force, lissés pour le grand marais des indécis, ne sont même plus mémorisés.
La faute aux listes, ou les politisés se camouflent souvent désormais derrière
des appellations masquées. (“Ensemble pour le Renouveau de l’Avenir”, ce genre). La politique devrait être un grand
chantier animé: on est dans l’atone, juste médiatiquement animé par la “comédie
démocratique” des candidats décalés. Entendez se lâchant sur les réseaux
sociaux pour y gagner un zeste de notoriété locale. Symptome accessoire non
point d’une quelconque décadence, mais
d’un certaine folklore updaté et surtout d’une transition de communication ne
heurtant que des modèles déjà évanouis.
C’est qu’il est, question marketing politique, un peu perdu
le candidat blanchi sous le harnais communal. Son monde n’est plus du tout
celui de 2006, une éternité. Coincé qu’il est entre le plafonnement de ses
dépenses, le retrécissement de l’affichage, la difficulté à composer des listes
plausibles tant les idéologies ne parviennent plus à recruter, les flyers
parfois mal vus et à peine lus, les marchés absurdes aux meutes de candidats
rivaux et des réseaux sociaux quasi imposés mais qu’il ne maîtrise pas. Tentative de décryptage des bonus-malus
de cette campagne. Avec une double ligne de force paradoxale: les multiples
influences de l’internet connectif et,
paradoxalement, le grand retour au plus basic un temps passé de mode: le porte
à porte.
ON SE PINCE MAIS, EN 2006, LES RESEAUX SOCIAUX N’EXISTAIENT
PAS
Le politique doit s’adapter à toute allure. On ne
photographie pas assez que lors du précédent scrutin communal d’octobre 2006,
les réseaux sociaux, entendez surtout Facebook et Twitter, n’existaient
tout simplement pas. (Facebook
s’est ouvert à tous en septembre 2006 et Twitter était plus que balbutiant).
Le “buzz” viral était
encore dans l’éprouvette. Et l’affiche au slogan un peu snul, le propos
excessif d’un candidat, tout cela existait déjà depuis longtemps mais amusait
rarement plus loin que les pages locales des quotidiens. Le candidat
attrape-voix existait itou: mais le commerçant populaire, l’animateur de la vie
locale ou la Miss Bisou du cru ne se faisait pas encore son cinéma sur YouTube.
Et l’échevin ambitieux, faute de pouvoir être invité à la
vraie télé, ne l’avait pas encore fait venir à lui en en singeant les procédés.
L’imprimeur local, lui, n’était pas encore déprimé: et pouvait vendre ses
imprimés au prix fort au client très occasionnel qu’est le candidat aux
communales. Qui, depuis -encore et toujours le Net- a découvert les prix en
chute des imprimeries en ligne. (pour un solide paquet de cinq cents affiches-vitrine
(60x40 cm), le candidat n’a guère plus qu’à sortir…130€ de sa poche)
On ne gagne pas (encore) une élection communale avec ces
diaboliques réseaux sociaux si peu aimés des politiques. Mais ne pas y être est
désormais génant, carrément old. Si peu aimés parce qu’ils en ont peur; si peu
aimés parce que mettant à mal la présomption d’incompétence de l’électeur
lambda, (en quelques coups de clic, celui-ci peut désormais en savoir presque
autant sur le Cwatup wallon que le notable élu…); si peu aimés parce que le connectif
bouscule les lourdeurs administratives,
source de multiples pouvoirs. Combien de communes poussent-elles réellement
l’administration en ligne? On n’oserait se passer du site informatif mais
les e-Services, les aides au citoyen en ligne piétinent.
Le Net a donc vécu, pour ce scrutin, un usage électoral de
transition, encore par trop bricolé, tantôt sous-estimé, malmené, surestimé ou
mal utilisé par les “analphabètes” des réseaux sociaux. (le candidat qui croit
qu’avoir mis son tract papier en ligne fait délirer les foules ou qu’un tweet
posté touche illico autant de fans que Lady Gaga…)
On peut penser qu’en 2018, tous ces candidats qui savent si
bien animer leur bal, distribuer des poignées de mains aux commerçants, donner
des bisous aux vieilles dames dans les maisons de repos, couper plein de rubans
inauguraux et autres ficelles du métier auront enfin trouvé le temps de
maîtriser -surtout par eux-mêmes, avec engagement perso et affectif- les règles et surtout l’atmosphère,
atmosphère de ces formidables outils. Qui,
en théorie, sont le rêve de tout politique: être en contact direct avec
l’électeur, susciter des opinions directes, des débats autour de problèmes
locaux…Bref, de la saine démocratie participative.
Bien plus authentique que ces fausses consultations
populaires, très tendance en 2012, où l’on bidonne un questionnaire censer
”décider ensemble de notre ville”. Vieille ficelle de com’ qui postule que la
réponse paraisse venir de l’électeur alors que celle-ci est déjà scellée, tantôt
par l’administration, tantôt par les forces installées.
LA CREVASSE DU VIRTUEL
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Slogans décalés: rien de bien neuf... |
Bien sûr, la multiplication des candidats aux affiches ou
vidéos décalées a parfois navré. Car, parfois, un chouia trop loin. C’est
d’ailleurs pour une belle part une spécificité très belge: en clair, l’héritage
de feu Michel Daerden. Une sorte d’autorisation au portnawak, à la facétie
empathique, à l’humour, voire au grotesque. Avec l’espoir lotto de faire le
buzz sur You Tube ou Dailymotion. Une spécificité belge électorale quasiment
surréaliste: on a aussi voté cette
année en France ou aux Pays-Bas. Mais les chasseurs de tracts surréalistes n’y
ont fait, comparativement, qu’une assez maigre moisson.
Mais le cortège des pleureurs , la cohorte des dinosaures
grognons ne comprend guère que cette approche est souvent simplement autre que celle des générations précédentes.
La crevasse entre familiers et allergiques du virtuel est si
large qu’on ne la mesure que peu.
C’est pour ça qu’il faut observer avec intérêt comment les
jeunes candidats se jouent de la Toile, n’habitant plus, en fait, le même
espace que d’autres candidats de la même
commune. Le candidat a muté: tous ces jeunes des listes sont aussi le fruit de
la culture de l’internet. Ils sont eux-mêmes, de leur génération, de celle qui
rit de Sacha Baron Cohen ou d’une
parodie de rap et capte la politique d’un regard n’excluant pas le clin d’oeil.
Ce sont les enfants d’une mutation ou tout sera à
réinventer, le collectif laissant la
place au connectif.Ce sont ceux-là
même qui, arrivés dans un conseil communal, dans un Collège, feront basculer le
trop ancien monde. Un cas: à Jemeppe-sur-Sambre, c’est toujours un
candidat-bourgmestre de 79 ans qui s’adjuge l’échevinat de la “communication extérieure”, internet
compris. On doute, malgré tout notre respect pour l’expérience, que ce soit lui
qui pense un jour à streamer en
direct les réunions du Conseil Communal, à permettre de réserver en ligne les
bouquins de la Bibliothèque publique du coin, bref à accompagner le basculement
du connectif.
Le seul hic, c’est que toutes ces farfeluteries ont par trop
gommé l’aspect globalement positif de ces centaines de vidéos de candidats.
Souvent trop longues, ou trop soporifiques, mais qui sont bien plus regardées
qu’on ne le croit. Et permettent lorsqu’elles sont réussies, ça arrive, de découvrir une personnalité et de
mieux décider de son choix électoral. Un clic qui vit, c’est bien mieux qu’une
affiche.
AFFICHES A PRIX CASSE, SMART HABILLEES ET MAGAZINES…
L’affiche qui, précisément, connaît une double mutation.
D’abord parce que l’imprimerie en ligne a cassé les prix. Ensuite parce que la
prohibition des grands formats (pas plus de 4m2) et de l’affichage sauvage,
largement éradiqué, ont conduit les candidats à faire la quête aux terrains
privés, aux fenêtres de sympathisants ou vitrines de commerçants, à inventer
des oeuvres quasi para-artistiques. La tendance, c’est donc l’affiche
ambulante. Non plus tant la remorque usée par les scrutins mais la
multiplication des voitures “tunées”, habillées d’un décor électoral. (400€
HTVA pour une Smart) Phénomène d’ailleurs étrange que cette floraison soudaine
soudain de Smart tunées dans nos rues. Simple: elles sont souvent louées à
550€/mois.
Mais c’est moins l’affiche qui compte que l’effet
multiplicateur de l’unité de
campagne, à condition que chaque candidat décline enfin un même code graphique.
Le tract, le dépliant électoral (dire “flyer” en 2012) souffre, lui aussi, même si c’est le
seul imprimé à pouvoir franchir légalement toutes les boites aux lettres Souvent mal lu. Souvent peu lu.
Phénomène troublant: se contentant souvent de présenter les bobines des
candidats assorties de quelques phrase passe-partout sur la sécurité ou la
mobilité. Aussitôt lu, vous ne savez même plus de quel parti il s’agit. Pour ce
qui est du programme, là on trouve l’internet très utile. On s’en débarrasse
vite fait sur un site ad hoc sur lequel nul ne se précipitera.
Le réflexe n’est pas stupide: aux élections communales, on
ne vote pas vraiment pour un programme. On vote souvent pour ce que l’on voit
sous ses yeux. Du matériel. Du concret. Tout ce qui a un impact sur la vie
quotidienne. (installations sportives, salle polyvalente, pistes cyclables, ce
genre).
Autre mutation: pour rendre la prose politique moins
ennuyeuse, la présenter dans un “magazine” ressemblant comme deux gouttes d’eau
à ceux des librairies. Anvers en est le laboratoire avec le magazine “Patrick” (Janssens) ou le mag’ “Meyrem”(Almaci-Groen!). Ce n’est qu’un début: continuons le
maga. On reverra ça souvent en 2014.
DEPENSES ELECTORALES: 2010 TOUJOURS PAS CONTROLE
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La Twizzy de Destexhe: véhicule personnel ou publicitaire ? |
Forcément, tout ça coûte bonbon. Et les législations
successives de contrôle des dépenses électorales ont vieilli. Accrochez-vous:
pour ce qui est de l’internet, la loi empoussiérée en est toujours à causer “
des
dépenses afférentes à la création d'applications internet (les jeunes politiques pourront updater
la loi qui ne cause nullement d’apps Iphone )
Et l’on triche toujours beaucoup. Plus ou moins
discrètement, plus ou moins audacieusement, les seuls ennuis des candidats ne
pouvant découler que d’une plainte. Les déclarations de campagne
oublieront parfois des collections
entières de timbres, feront passer au bleu nombre de banderoles, omettront le
contrat de pub “au clic” sur Facebook ou
qu’une Twizzy électrique -qui
joue voiture purement publicitaire- devrait en fait être déclarée pour 33% de
son coût.
Pourquoi se gêner ? Les procédures disciplinaires sont ici
régionales, mais sait-on que le rapport commun Chambre-Sénat de la très discrète
Commission de Controle des Dépenses Electorales n’a toujours pas publié son
rapport sur les abus relevés lors des législatives fédérales …de juin 2010,
soit plus de deux ans après le scrutin.
LE VISUEL QUI FAIT JOLI FACE A L’EFFIGIE-PROGRAMME
Il y a toujours, en 2012, ce fossé entre marketing et
politique. Qui ne comprennent encore souvent pas grand
chose l’un à l’autre. Lorsqu’on a inventé la limitation des dépenses
électorales, cela postulait en quelque sorte que les partis, désormais financés
par l’Etat, investiraient dès lors, à l’instar de n’importe quelle marque, dans
des campagnes intermédiaires… C’est toujours aussi rare. Et c’est idiot puisque
c’est quand le paysage politique est vide que les esprits peuvent être le mieux sensibilisés. Et qu’on peut
alors se permettre de dépenser moins en périodes électorales.
Cette année, du côté francophone, on s’est contenté de
pré-campagnes d’image, sympathiques, faisant joli, mais ne rappelant pas
instanément le parti qui casquait financièrement les affiches. C’est que le
visuel, lorsqu’il est non
spécifique, (un visage, un enfant…) pose vite un problème d’identification. Le
genre qui est plus un décor qu’un argumentaire.
En Flandre, la N-VA (le parti le plus riche du pays) a fait
tout le contraire, affichant partout, comme un drapeau, l’effigie à l’impact
certain de Bart De Wever, devenant ainsi programme à lui tout seul. Cela
postule une prise de risque (Elio di Rupo, malgré sa popularité, ne s’y est
jamais risqué comme Président du PS, pas plus que Didier Reynders jadis au MR)
mais l’impact est certain, surtout assorti d’un slogan de type quasi
présidentiel .“La force du changement”,
ce n’est pas trop polémique et en tout cas, porteur d’engagement ou d’espoir.
(surtout assorti d’un étonnant régime du chef de file).
Petit jeu: pouvez-vous, de mémoire, citer à l’inverse un
seul des slogans “nationaux des partis francophones ? Euh ? Ben non. Tout slogan postule une phrase simple,
évocatrice, aisée à mémoriser.
La règle est simple: tout ce qui est long est rejeté. Si
c’est jugé trop fort, c’est que c’est problablement un bon slogan.
Lorsque le CDH proclame, “L’humanisme au coeur des
politiques locales”, lorsque Ecolo (qui
tenait pourtant une très bonne accroche avec sa “société de l’épuisement”) se rabat sur “Avec vous pour des solutions durables”, ça ne casse pas trois pattes à un canard bio. Et
ceux du PS (“Votre quotidien, notre combat” et du MR “L’avenir ça se travaille”), pour plus dynamiques qu’ils soient ne laisseront
pas non plus une grande trace dans l’histoire de la com politique….
TRIPORTEUR ET MEGAPHONE, LE RETOUR
![]() |
"Thé Dansant" (en Fr) pour la N-VA |
Dans ce fouillis de l’évolution électorale- dont le but est
toujours le même, occuper l’espace -, se dégagent en fait deux tendances : le
basculement vers un monde plus connectif et le retour à la proximité physique.
A pied, à vélo, en triporteur, le porte à porte s’impose ,
dans l’arsenal de campagne, comme l’arme électorale-très physique- à nouveau la
plus efficace. Oh, ici comme souvent, le candidat se berce parfois d’illusions:
le rapport direct ne conduit pas forcément à voter pour le candidat qui va à la
rencontre.
En Wallonie, le PS a déjà maintes fois tiré profit de la
technique du porte à porte. A Woluwé St Lambert, on a vu Olivier Maingain
recourir au déconcertant mégaphone, mais si utile dans un contexte très urbain
ou les relations interpersonnelles sont quasi inexistantes entre candidats et
habitants. En Flandre, la N-VA, qui s’appuie sur tout le militantisme de la
défunte Volksunie, ne jure que par la proximité. Depuis des mois, cela sature
d’apéritifs, de dîners spaghetti, de barbecues, de Vlaamsebieravond ou de soirées Lotto, voire (en français) de “Thé
Dansant”… Proximité et militantisme,
mots-clé.
En Flandre, tous les partis ont ressuscité le porte à
porte. Un art délicat qui a ses
règles (outre celle d’éviter les morsures de chiens): entre 17H30 et 19H30,
avant les séries télé, entretien
entre 30” et 3’ maxi dans un échange très cadré. Si on est bourgmestre, on
pacifie, on note les micro-décisions à prendre, on met son statut en avant, comme un sésame. Si on est de
l’opposition, on mobilise, on disqualifie l’adversaire, on tente de générer de
l’engagement.
Bref, dans les deux cas, essayer par la discussion de
rationaliser l’imprévisibilité du suffrage universel.
Ainsi évolue, en ce cru 2012, la com’ électorale à la belge:
on cliquera de plus en plus sur des claviers pour faire campagne et on appuiera
de plus en plus à la sonnette de chaque électeur.
![]() |
La "Maison Meunier", limite oeuvre d'art (Mons) |
lundi 8 octobre 2012
Pourquoi De Wever et Janssens sont dans un mouchoir, mais on ne sait lequel va pleurer: tentative de vulgarisation de sondages pas si contradictoires que ça…

Il y a, au premier abord, de quoi être déconcerté. Ce 5/10,
la VRT et le Standaard publiaient un sondage d’un institut à bonne réputation
(TNS Média) donnant, à Anvers, 10% d’avance à la NVA de Bart De Wever (37,2%)
sur la liste de Patrick Janssens. (27,7%) (800 sondés du 3 au 29 septembre avec
une marge d’erreur de 3,5%.)
Mais, oups, ce dernier samedi (6/10) voila-t-y pas que la
Gazet van Antwerpen publie un tout autre sondage de l’Institut Dedicated
plaçant, lui, les deux ténors anversois quasi en photo finish. Soit 31,9% pour
la N-VA, 31,1% pour le cartel SPa-CD&V. (603 anversois(e)s sondés par
téléphone du 24 au 29 septembre avec une marge d’erreur de 4% maxi)
Comment est-ce possible ? Et qui croire ?
En technique de sondage, il n’y a pas de “meilleure
méthode”: chacune a ses avantages et ses défauts. Mais, dans la hiérarchie de la
fiabilité, le sondage électoral
“face to face” (le sondé discutant avec un enquêteur fiable) vaut mieux
que le sondage par téléphone qui, lui-même, passe pour être plus fiable que le
recours à un sondage internet.
C’est que le sondage internet a ses caractéristiques et ses biais:
-d’aucuns le remplissent n’importe comment juste pour gagner
points ou cadeaux promis. (coffret Bongo, ce genre) D’aucuns, les habitués, évitent dès le départ les choix
multiples dont ils apprennent vite qu’ils
multiplient les sous-questionnaires et prolongent pas d’un peu la durée
de l’exercice (jusqu’à 30’ parfois)
Surtout, le sondage par panel internet est anonyme. Avec son
clavier comme seul interlocuteur, le sondé internet décide seul. Et, du coup, a plus vite une opinion
assez tranchée. C’est un électeur qui est plus souvent “très contre” ou “très pour”. Ce sont donc fréquemment des
avis plus “extrémistes”. Avantage: les personnes interrogées voient les
questions sur l’écran: c’est mieux
plutôt que d’écouter.
Autre léger biais: le sondage par internet ignotre les
électeurs les plus âgés. (20% des belges n’ont pas de connexion) Et tous les belges ne sont pas encore à
l’aise avec les médias informatiques.
Vous en connaissez assurément, dans votre
entourage, de ces gens qui –même s’ils n’ont que la cinquantaine- sont déjà
largués ou répugnent à l’ordinateur… (certains sondages Internet sont assortis,
à cet effet, d’un complément par téléphone)
En technique de sondages, la méthode c’est assurément le
“face à face” physique. Mais qui, en quantitatif (c’est à dire ce qu’il faut
pour des sondages d’intentions de vote) se fait de plus en plus rare. Parce que
c’est chérot peau des fesses.
Et cette technique là non plus n’est pas sans
défauts. L’enquêteur, s’il se promène dans les rues aux heures de bureau, ne
récoltera souvent au mieux que l’avis d’inactifs (retraités, femmes au foyer…)
S’il est mal encadré, mal payé, l’enquêteur peut aussi faire rédiger les
réponses dans sa famille ou, pire, seul sur une table du café du coin, avec un
bic multicouleurs……
Le téléphone permet, lui, davantage de contrôler que le Net:
il y a un interlocuteur au bout du fil . Et donc, contrairement à l’internet,
le sondé ose moins répondre n’importe quoi. (on peut penser que le vote Vlaams Belang, à Anvers, n'est d'ailleurs pas toujours avoué...) A condition de mixer lignes fixes
et GSM, le sondage par téléphone offre donc beaucoup d’avantages: à commencer
par le fait que tout le monde l’a.
Le hic, c’est qu’ il se fait que les deux sondages réalisés
à Anvers ont été précisémlent réalisés par téléphone, donc avec une certaine
fiabilité, même si l’on ignore des normes internes aux Instituts: la qualité
des échantillons (très important), la similitude ou non des questions posées, le nombre exact de répondants
contactés… Il faut aussi toujours regarder les sondages avec les yeux des
"marges d'erreur" (3,5% à 50% au maximum dans le sondage TNS, 4 % au maximum dans le Dedicated ici au
maximum) qui peuvent tirer un résultat vers le haut ou vers le bas.
Donc, chez TNS (3,2% à 30%), la N-VA oscille entre 34,0% et 40,4%.
Donc, chez Dedicated, (3,7% à 30%) la N-VA varie entre 28,2% et 35,6%.
Donc, le cartel de Janssens oscille, chez TNS, entre 24,5%
et 30,9%.
Donc, le cartel de Janssens varie, chez Dedicated, de 27,4%
à 34,8%.
C’est un brin complexe, on le reconnaît. Mais, même si ça peut surprendre, on
peut considérer que de Wever et Janssens fluctuent dans des zones qui se
chevauchent parfois.
Il faudrait des grands moyens et un échantillon touchant aux
limites des études pour les départager: (10.000 personnes pour aboutir à 1% de
marge d’erreur !)
Mais il reste un indice très intéressant: les dates. Si TNS
a étalé ses coups de fil du 3 au 29 septembre avec un gros paquet, nous disent-ils, de 350 sondés vers
la fin), Dedicated les a passés dans un délai plus bref et surtout plus
frais: du 24 au 29 septembre, au moment ou Patrick Janssens, homme de pub,
déployait sa campagne dans une stratégie de courte durée autant qu’ intense.
D’ou cette interrogation: Janssens serait-il en train de
réussir son sprint, pari impensable?
A nuancer, puisque le précédent sondage de Dedicated sur Anvers donnait
déjà, en gros, les… mêmes résultats.
Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent.
Michel HENRION.
dimanche 7 octobre 2012
samedi 6 octobre 2012
vendredi 5 octobre 2012
Y'a pas à dire, pour le CDH, Twitter est toujours "un truc de teenager"...
Le mur Soochat (qui analyse les messages partagés à travers les médias sociaux) a analysé le hashtag #Be1410 et les citations des partis sur Twitter.
jeudi 4 octobre 2012
Il y a bien les "Fournisseurs de la Cour", pourquoi pas les "Leveranciers van Bart" ?
Le détail qui tue: la doublure du manteau de Bart De Wever a été griffée et dédiée par son
créateur (un tailleur anversois qui a créé le relooking vestimentaire du président de la N-VA) à l'instar d'une plaque commémorative.
(Nieuwsblad)
jeudi 20 septembre 2012
"Walter le Libraire" a mieux tout compris que #cestjoelle
C'était en novembre 2011. Dans un congrès
centré sur les classes moyennes, le président wavrien du MR, Charles
Michel, sortait de son chapeau à exemples le cas de son libraire, qui
était censé "rouler en Citroën C5 et être menacé de 2000€/l'an d'impôts en sus..." L'exemple fit vite le buzz: on chercha à
découvrir le mystérieux libraire du bourgmestre de Wavre (qui n'avait
d'ailleurs pas de Citroën) et "Votez pour moi" en fit un personnage
satirique récurrent... Contrairement à Joëlle Milquet (qui ne s'est
jamais décidée à utiliser vraiment l'aura, pourtant positif, du fameux hashtag
#cestjoelle) , le candidat Walter Agosti
se sert habilement de cette notoriété pour sa campagne. Et pousse même
sa com, pas mal fichue du tout, jusqu'à adopter une mise en page
d'humeur Facebook. Malin.
Le maire de Londres: "Mais qui est Bart De Wever ?"
Séquence amusante à ReyersLaat (VRT). Boris
Johnson, l’hyper-populaire et flamboyant maire de Londres (qui a réussi
les Jeux Olympiques et se pose même désormais en rival de David Cameron)
arrive vers un petit groupe le long de la Tamise et interpelle: “Qui est Bart De Wever?”.
On sent que l’homme a concédé juste un bout de son agenda pour faire le
service minimum. Il n’empêche que, pour Bart De Wever, l’objectif est
atteint: conforter son image en gouvernance de grande ville. Histoire de
montrer qu'il s’intéresse vraiment à Anvers, et qu'il ne fera pas
portnawak s’il remplaçait Patrick Janssens comme bourgmestre le 15/10.
Un Janssens qui, après les événements de Borgerhout, a lancé une offensive-éclair, une “socialist attack”, très réussie contre De Wever. Qui est vite retombé sur ses pieds. Et sur sa ligne politique anversoise très fildefériste.
En fait, De Wever réussit, mine de rien, à trouver et à garder cet équilibre délicat entre une ligne de centre-droit pragmatique et une ligne dure “à la Belang”. Félicitant la police d'Anvers et ciblant uniquement Shariah4Belgium.
Il place désormais à qui veut l'entendre le slogan 'Respect pour A' (Respect pour Anvers, et, en dialecte anversois, Respect pour vous )
Une formule qui entend marquer la différence avec “Antwerpen is voor iedereen” (le slogan de campagne de Janssens jugé un brin trop laxiste) et la ligne dure (et carrément raciste) du Vlaams Belang.
On retrouve donc ici, dans cette “Bataille d’Anvers”, tous les ingrédients des méthodes de com’ de De Wever:
-on aborde de front les problèmes sans essayer de louvoyer.
- le vocabulaire est très fort mais on veille, dans ses propos, à ne pas effrayer les gens pragmatiques.
Un Janssens qui, après les événements de Borgerhout, a lancé une offensive-éclair, une “socialist attack”, très réussie contre De Wever. Qui est vite retombé sur ses pieds. Et sur sa ligne politique anversoise très fildefériste.
En fait, De Wever réussit, mine de rien, à trouver et à garder cet équilibre délicat entre une ligne de centre-droit pragmatique et une ligne dure “à la Belang”. Félicitant la police d'Anvers et ciblant uniquement Shariah4Belgium.
Il place désormais à qui veut l'entendre le slogan 'Respect pour A' (Respect pour Anvers, et, en dialecte anversois, Respect pour vous )
Une formule qui entend marquer la différence avec “Antwerpen is voor iedereen” (le slogan de campagne de Janssens jugé un brin trop laxiste) et la ligne dure (et carrément raciste) du Vlaams Belang.
On retrouve donc ici, dans cette “Bataille d’Anvers”, tous les ingrédients des méthodes de com’ de De Wever:
-on aborde de front les problèmes sans essayer de louvoyer.
- le vocabulaire est très fort mais on veille, dans ses propos, à ne pas effrayer les gens pragmatiques.
mercredi 19 septembre 2012
Le PP , qui se prétend l'allié francophone de la N-VA, aura 14 listes à peine mais l'une d'elles veut franciser Halle, en Flandre.
De la difficulté d'implanter un parti politique...
Si on compte bien, le PP de Mischaël Modrikamen présentera seulement onze listes en Wallonie (sur un total de 262 communes), deux en Région Bruxelloise et une en Flandre.
Le PP en Wallonie se présentera donc à Pont-à-Celles, Braine le Comte, Frameries, Huy, Trooz, Liège, Verviers, Namur, Dinant, Eghezée et Yvoir (le parti s'y targue d'y avoir apparemment la plus jeune tête de liste de Wallonie: 20 ans).
En Région bruxelloise, le PP sera uniquement à Bruxelles-Ville et surtout à Molenbeek. Le projet initial du PP -on cite- était d'y "concentrer ses forces" pour "y déloger Moureaux". Las, la tête de liste (ex-MR) n'y présentera même pas une liste complète.
Le plus étonnant: une liste à Halle où le PP (dont on rappelle qu'il se prétend , entre deux zigzags de programme, l'allié francophone de la N-VA) veut ...instaurer le bilinguisme dans une "approche diplomatique"." Nous sommes dans une ville flamande, mais il ne faut tout de même pas exagérer ", a déclaré naïvement le leader local du PP, François De Keybus, à la grande fureur de la N-VA de Mark Demesmaeker . (MH)
samedi 15 septembre 2012
Vidéos électorales: il ne faut désespérer de rien...
Il
ne faut désespérer de rien. Dans l'univers des vidéos youtubées de
campagne électorale, où l'on navigue entre l'ennui (les clips officiels,
mille fois filtrés en sérail) et le "décalé" (clips souvent ineptes,
limite ridicule), cette candidate (Kenza Yacoubi) de Molenbeek a trouvé le bon ton.
Avec le formidable atout incontestable de ses images d'archives (dont
on ne sait d'où elles proviennent: reportage télé d'antan?) qui, en nous
montrant l'évolution sur 20 ans de cette jeune femme, de sa vision
culturelle, créent intérêt, sourire et émotion.
Pour l'instant, notre incontestable coup de coeur côté francophone.
vendredi 14 septembre 2012
mardi 11 septembre 2012
Maghreb TV réinvente les recettes des années noires...
C’est un bien étrange débat, lourd de jeux médiapolitiques, que celui qui
s’est déroulé devant les caméras de cette tout aussi étrange télévision qu’est
Maghreb TV, cette chaîne qui a utilisé les bizarreries institutionnelles pour
échapper aux règles du CSA. (elle est soi-disant contrôlée par l'IBPT). Voici
qu’en 2012, le fondateur et directeur de MaghrebTV, Mohammed Tijjini- qui y
anime lui-même un talk-show- agite, mine de rien, tous les fantasmes autour de
la franc-maçonnerie. En cause, la longue (et peu ordinaire) interview qu’avait
donnée la ministre PS Fadila Laanan à Béatrice Delvaux et ou ou elle révélait
précisément son appartenance à la Loge. Quelques lignes pudiques dont
MaghrebTV, visiblement au grand dam de ses invités en plateau (qu’on devine piégés,
mal à l’aise et hautement réticents) s’empare comme d’un sujet fondamental.
Mohammed Tajini insistant lourdement sur le nom de Fadila Laanan, tout en
affirmant –c’en devient presque comique- qu'il ne fallait pas citer de nom...
Il se dit que le dénommé Tijjini a été longtemps membre du PS anderlechtois (la
section de Fadila Laanan) avant de virer MR et d’exercer ses talents dans
l’entourage de Didier Reynders . Le manque de déontologie journalistique laisse
ici aussi pantois que le titre de la vidéo lorsqu’on sait que, pour certains milieux musulmans,
la Franc-Maçonnerie “serait une création juive et aurait une vocation
sioniste.” Dans les années 20, antisémitisme et antimaçonnisme allaient souvent
de pair. Il semble que cette incontrôlée MaghrebTV ait redécouvert la recette.
(c’est à voir à partir de la quinzième minute)
lundi 10 septembre 2012
Les campagnes “décalées”: déjà, au 19ème siècle, on faisait tout pour que le nom du candidat absurde soit cité …
Mais pourquoi diable, pour ces élections Communales cru 2012, cette dérive, ce déferlement de vidéos ou d’affiches dites “décalées”, entendez se démarquant parfois jusqu’au grotesque des codes électoraux classiques?
L’explication était déjà
présente dans l’ouvrage de François de Groiseilliez qui, en 1846, avait publié
“ L’art de devenir député et même ministre par un oisif qui n’est ni l’un ni
l’autre”. Lequel opuscule expliquait déjà que tout candidat se devait d’abord
conquérir une notoriété et, donc, ne pas hésiter à surprendre pour capter tous
les regards. Tout le monde, écrivait le lettré politisé, s’écriera : “ Voilà un homme bien
absurde! Mais le nom de l’homme absurde est cité dans tous les journaux et
remplit au moins la moitié d’une colonne”. (source C. Delporte)
Les technologies ont pour le
moins évolué, mais le principe n’a pas changé d’un iota.
Le candidat se doit de ne pas
passer inaperçu, faire en sorte qu’on parle de lui. Et poste aujourd’hui sur
YouTube ou sur sa page Facebook ce qu’il imagine pouvoir faire le buzz. (avec
l’exemple de Michel Daerden en tête)
Ce qui nous offre ce kitsch
rafraîchissant, joyeux bouquet de photoshopages primaires ou de scénarios incongrus… Et, comme les politiques
découvrent toujours les modes avec quelque décalage, cette vague de “lip dubs”
(plusieurs personnes chantant une chanson par « doublage sur les lèvres »). Dont
le principal avantage, pas mince, est de permettre l’apparition à l’écran dailyémotionné de
toute une équipe plus ou moins à l’aise (c’est le CDH de Woluwé-St-Pierre qui
a, dans le genre, poussé le bouchon un peu loin en intégrant dans leur joyeuse
farandole une candidate sous respirateur artificiel…)
Au moins ces petits candidats auront-ils
effectivement une petite chance, hautement aléatoire, d’être vus. Et si les
candidats ainsi portés par l’incongru concilient cela avec un programme, des
réunions ou ils peuvent expliciter un programme plus sérieux, ça peut
fonctionner. Si.
Car, sur le Net, il n’est
qu’une certitude: les pages, les vidéos officielles des partis, celles qui ont
dû passer par la multi-approbation de filtres plus conformistes les uns que les
autres, celles où le candidat assermenté et rayonnant s’imagine qu’il est quasi
sur TF1, cela, ça ne fonctionne absolument pas.
Comme quoi le bide de campagne
n’est pas toujours où on croit le voir.
dimanche 9 septembre 2012
Le débat VRT ou De Wever a osé ce qu'aucun politique flamand n'avait fait: combattre le Belang sur le fond
On conseille à tous les francophones qui, souvent mal
informés de ce qui se passe en Flandre, croient que N-VA et Belang c’est
blanc-bonnet et bonnet-blanc, de regarder cette vidéo (en NL). A savoir celle
du face-à-face sur le thème de l’ immigration qui a opposé ce 09/09, à
la VRT, Bart De Wever et le leader du Belang, Filip De Winter.
C’est saisissant
parce que, jusqu’ici, aucun politique flamand n’avait fait ce que le président
de la N-VA a osé aujourd’hui: combattre Dewinter sur le fond. On observera
notamment le passage ou De Wever en amène Dewinter à reconnaître implicitement
qu’ils se fiche, dans sa guerre contre l’Islam, des Droits de l’Homme et de la
Convention de Genève.
Tandis que Dewinter dénonçait “la nouvelle colonisation”, le président de la N-VA
développait son discours, certes musclé,
mais approchant “l’immigration de manière positive” là ou, dit De Wever,
“ le Belang veut la guerre avec l’Islam”. “Les gens ont peur de l’Islam et vous
exploitez ça, dit De Wever, partisan “ de faire un succès de l’immigration”
grâce à une “analyse correcte et positive du multiculturel”. De Wever s’attaque
aux “fondamentalistes” mais précise bien que la N-VA n’est pas “anti-immigration”.
Plus fondamentalement, ce débat cache toute une stratégie
politique. De Wever n’a jamais caché son aversion pour le Belang actuel des
Dewinter et autres Annemans. En abordant désormais “de manière positive” (à
l’en croire) le dossier de l’immigration, il rêve de donner le coup de grâce au
dernier atout électoral du Belang.
Lien (à recopier-coller) : http://www.deredactie.be/permalink/1.1425507
vendredi 7 septembre 2012
mercredi 5 septembre 2012
Eddy #macouille et ses enfants, symbole d'une exacerbation mais aussi le tournant qui a fait virer l'opinion...
Eddy, #ma couille de Malonne, est devenu la star involontaire des
nouveaux médias. Jusqu'ici, il vivait juste sous les yeux de son
entourage proche, se promenant depuis toujours de Marche blanche en
manif' à Malonne... La mutation du Net a fait que, soudain, c'est la
société toute entière qui lui a redressé les bretelles. Parce qu'on
n'utilise pas ainsi ses trois enfants pour en venger d'autres. Lorsque
j'ai découvert ce passage de 20 secondes dans une longue vidéo de quatre
minutes de L'Avenir, je l'ai
immédiatement twitté et facebooké. Car je me suis dit que c'était sans
doute là l'image-symbole qui resterait de cet été 2012, ces jours
bizarres qui auront vu une large part de l'opinion s'émouvoir et
s'exacerber. Si on en est revenu à plus de civilisation, et à un débat
plus apaisé, c'est aussi sans doute grâce à cette vidéo d'Eddy. Qui, en
communication, aura marqué un tournant de l'opinion. Car trop, c'est
parfois vraiment trop. Empreinte numérique intéressante.
De Wever: "Même si je tirais trop fort la chasse des WC, on y verrait encore une manoeuvre."
C’est parti. A cinq semaines
des élections communales, la Flandre ne parlera presque plus que de ça: à
savoir la publication du livre de Carl Huybrechts racontant alimentation et
régime de Bart De Wever. Qui s’annonce comme un grand succès de librairie et à
la Boekenbeurs, la Foire flamande du Livre.
“Le flamand est vraiment
obsédé par la balance ", dit De Wever.
"Physiquement, je suis
encore fort surpris par le changement de mon timbre de voix. Mais je dors
mieux, je récupère mieux et je n'ai pluss été malade. J'ai les niveaux sanguins
d'un athlète. Chaque mois j'ai droit à un check-up complet, et mon médecin a
été surpris par les résultats. "
«Le timing de parution a tout
à voir avec la Foire du Livre, jure De Wever en faisant un brin l’innocent… De
plus, j'ai été longtemps réticent. à l’idée Mais même chez Carrefour (lire, moi
De Wever je suis un politique ordinaire) des personnes m’interrogeaient et me
demandaient ce que je mangeais désormais…. Et puis, on a dit pleine de choses
erronées quant à ce régime. (pas d’anneau)
Interrogé sur les articles
consacrés aux conséquences du régime sur sa vie de couple (“Comment Veerle De
Wever vit-elle le fait que son mari devienne plus attirant au regard des
femmes? “ s’était interrogé Dag Allemaal), De Wever se veut détaché et
réaliste.
«Je suis un politicien connu,
un BV…Donc, si vous ne coopérez
pas avec la presse people, ils obtiennent toujours ailleurs leurs informations
…J'ai découvert des couvertures de magazines sans qu’on ait pris un seul
contact avec moi…C’est inévitable qu’ils se concentrent sur certains aspects de
ma personnalité. Que je trouve parfois ça hors de propos n'a aucune importance.
"
Craint-il que son physique
moins rondouillard débouche sur une chute de popularité?
“Quel sens cela a-t-il ? Même
si tirais trop fort la chasse d’eau, des analystes en tireraient plein
d’interprétations, dit élégamment le président de la N-VA. “Le fait est que
tous les partis ont peur de moi. Donc, à ce jeu, tous les arguments sont bons. D'autres disent que je vais
perdre mon sens de l’humour. Ne vous inquiétez pas, j'ai encore l'humour. Même
s’il n’est pas toujours bien compris. "
vendredi 3 août 2012
Comment Bart De Wever explique le "problème belge" à Heidelberg: "Nous, les flamands, sommes fatigués d’être les allemands de la Belgique”
Bart De Wever a
donné une conférence à l'Université d'Heidelberg, en Allemagne, le pays
qui lui sert souvent de modèle quand il n'y prend pas quelque vacances. Au delà des thèses N-VA, c'est intéressant d'observer le discours, pas anodin, du président de la N-VA lorsqu'il parle devant un public étranger. (traduction libre,
reflétant et résumant le sens des propos). Extraits choisis:
“-Il existe une méfiance institutionnalisée de la politique
allemande, ce qu’on appelle le le mythe Sonderweg. La politique allemande n'est
pas jugée sur ses mérites, mais sur des considérations morales. (...) Un Allemand se
doit d’être discrédité, parce qu'il est allemand, comme s’il y avait une sombre
puissance incontrolable qui se manifesterait tôt ou tard. Cela porte un nom.
C'est ce qu'on appelle le racisme, un racisme latent maintenu par le biais des
clichés culturels."
-"L'Euro a été un somnifère qui a permis nombre de dérapage
dans les pays du Sud. Les racines profondes de cette crise, c’est la création
irresponsable de la dette dans ces pays là. Mais, lorsque Angela Merkel tente
de clarifier ce point dans les débats européens, elle ne reçoit qu’une condamnation
en termes moraux…Or, la solidarité se doit d’être une compensation pour les
réformes nécessaires mais souvent douloureuses. Sinon, on crée une culture de
la dépendance: et c'est comme donner de la morphine à un patient en phase
terminale."
-"Les euro-obligations ne seront jamais, dit De Wever, une
solution ."
-"Tout comme l'Allemagne -qui possède, depuis la
réunification, une expérience dans l'intégration d'une devise faible à une
monnaie forte et dans les transferts- la Flandre a beaucoup d’expérience d’un
mécanisme de solidarité sans responsabilisation."
-"Aujourd'hui la Belgique n'est plus une démocratie. Il y a en
Belgique, une démocratie flamande et une démocratie francophone. Chacune de ces
deux démocraties a ses propres partis, ses propres médias, son propre consensus
social et politique et, de par la fédéralisation, ses propres institutions
politiques."
-"La Belgique est une conférence diplomatique permanente entre
deux états. En ce sens, la Belgique est similaire à l’Union Européenne."
-"En Belgique, c’est ce que nous appelons le “fédéralisme
chéquier”. La Belgique est une union de transferts dans laquelle la démocratie
flamande contribue de manière excessive à la Fédération, notamment à travers la
sécurité sociale et par le financement de la Dette nationale. Mais aussi à
travers les provinces, la Flandre paie le prix des transferts."
-"En résumé, dit De Wever, la Flandre est un contributeur net
au gouvernement fédéral, et la Communauté française de Belgique un bénéficiaire
net."
-"Mais la vérité a aussi ses droits, poursuit De Wever devant son auditoire allemand. Selon une enquête de la
VUB , il n'y a jamais eu de transferts financiers de laWallonie vers la
Flandre. Même à l'apogée de la pauvreté en Flandre - à la fin du 19ème siècle -
il y avait tout au contraire un flux financier de la Flandre vers la Wallonie.
C'était à cause de la nature de la fiscalité, qui n'avait pas encore adaptée à
une société industrielle et en était restée à une économie agraire.L’argent des taxes prélevées en Flandre a ainsi été investi
dans le développement du charbon wallon et de la sidérurgie wallonne."(...) Pour les besoins de l'expansion de l'industrie sidérurgique
wallonne, la Flandre s’est économiquement effondrée, victime de la concurrence des céréales françaises
et de la laine anglaise. Le résultat fut une migration massive des Flamands
vers l'Amérique, en Allemagne, mais, ironiquement, également vers le bassin
wallon alors en plein essor industriel ."
-"Je rappelle cela, dit De Wever, sans ressentiment ni
amertume. Le souhait flamand de plus d'autonomie n'est pas motivé par un ressentiment
historique pour la “souffrance infligée" à la Flandre. Ce n'est pas une réaction à la
domination culturelle des francophones dans le passé.
La Flandre est aujourd'hui relativement forte et a le devoir
moral de faire preuve de solidarité avec ses voisins. L’égoïsme de groupe ne
devrait jamais être un motif."
-"De même que l'Allemagne a une obligation morale d'être
solidaire, compte tenu de l'histoire et de sa richesse, la Flandre a, elle
aussi, une obligation morale
d'être solidaire, compte tenu de l'histoire et sa richesse."
-"Si on me demande pourquoi c’est si compliqué, l'Allemagne en
Europe, je réponds toujours la même chose:
"Parce que l'Allemagne n'a pas pour
vocation d’être la Flandre de l’Europe.”
Chaque flamand comprend cela illico.
Et pourquoi la Flandre
veut-elle plus d'autonomie ? Parce nous, les flamands, sommes fatigués d’être
les Allemands de la Belgique…”
-“Cela ne signifie pas que la Flandre ne doit
pas faire preuve de solidarité avec la Belgique francophone. Cela signifie que
nous devons organiser la solidarité d'une manière efficace. Tout comme
l'attitude de l’Allemagne en Europe ne signifie pas que l'Allemagne ne veut pas
être solidaire.”
dimanche 24 juin 2012
jeudi 21 juin 2012
Le CDH cède à nouveau la tentation des banques d' images internet: son sympathique modèle habite en... Afrique du Sud
Les affiches du CDH sont tellement caricaturales (on ne reviendra pas
sur la polémique de la petite fille trisomique dont l'exploitation
électorale n'a pas fini de faire des remous...) qu'on se doutait bien
que le CDH était retombé dans son travers d'aller puiser (comme il
l'avait déjà fait pour un site internet incongru) dans les banques
d'images internet. On a vérifié: ben oui. C'est à nouveau tout bidon,
les "vraies gens" du CDH. et ils ignorent assurément tout de la Fédération
Wallonie-Bruxelles. Ainsi, le gentil noir censé représenter la
multiculturalité n'habite nullement à Matonge ... mais bien en Afrique
du Sud. Ah bien sûr, c'est pas facile de dénicher des vrais wallons et
des vrais bruxellois (le MR a eu bien du mal à dénicher ses Hasna,
Gabby, Anne, André, Angelo et Maxime et le PS a souvent ramé à trouver
des militants pour ses pubs) mais c'est tellement, tellement plus
crédible...
dimanche 17 juin 2012
samedi 16 juin 2012
jeudi 14 juin 2012
Le "Pacte de Croissance" : pour la première fois, la N-VA propose une augmentation des impôts (indirects)
Bizarre:
on ne trouve quasi pas une ligne, dans la presse francophone, sur le
"Pacte de Croissance" proposé par la N-VA. Un document de 125 pages qui
n'a pourtant pas été rédigé par hasard, le parti de Bart De Wever y
développant longuement en filigrane toute sa doctrine économico-sociale,
avec des variantes comme la fin progressive des "intérêts notionnels".
Parmi les points-clé du document: la volonté de rendre la cotisation de
sécurité sociale progressive pour les salariés, la mesure étant financée par une augmentation de la TVA de 21% à 22% .
"Ah, une augmentation d'impôts indirects" contre-attaque l'OpenVLD, directement visée et chatouillée électoralement par ce programme pour le moins libéral. "On se conforme à la recommandation européenne de transférer le fardeau du travail vers les impôts indirects" réplique la N-VA. Qui, comme à son habitude, présente les choses assez concrètement: "notre proposition, c'est plus d'argent en poche pour tous les salariés flamands de moins de 5000€ bruts. "Bref, une stratégie économique qui se proclame "responsable" et "non-démagogique" à l'heure ou le fédéral reste dans le flou pour ce qui est de la relance. Résultat: ce genre d'image à la VRT. Dévastateur.
"Ah, une augmentation d'impôts indirects" contre-attaque l'OpenVLD, directement visée et chatouillée électoralement par ce programme pour le moins libéral. "On se conforme à la recommandation européenne de transférer le fardeau du travail vers les impôts indirects" réplique la N-VA. Qui, comme à son habitude, présente les choses assez concrètement: "notre proposition, c'est plus d'argent en poche pour tous les salariés flamands de moins de 5000€ bruts. "Bref, une stratégie économique qui se proclame "responsable" et "non-démagogique" à l'heure ou le fédéral reste dans le flou pour ce qui est de la relance. Résultat: ce genre d'image à la VRT. Dévastateur.
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